MAM'ZELLE NITOUCHE

Comédie-opérette en 3 actes et 4 tableaux

Livret d'Henri Meilhac et Albert Millaud

 

Variétés, 26 janvier 1883 ; avec :

 

 

 

Nous sommes, au premier acte, au couvent des Hirondelles de Pontarcy, où revient, le bas des reins marqué d'un énorme coup de pied, l'organiste Célestin - Célestin au couvent, Floridor à la ville, - échappant tant bien que mal à la colère du major de Château-Gibus, qui l'a surpris en tête-à-tète avec sa maîtresse, Corinne, l'étoile du théâtre de la ville. Que diable aussi Célestin allait-il faire chez Corinne ? II allait tout d'abord tromper le major - ce dont nous n'aurons pas le courage de le blâmer - et puis faire répéter à l'actrice le principal rôle de l'opérette qu'il a composée et dont la première a lieu précisément ce soir au théâtre de Pontarcy. Grave imprudence : une jeune élève - l'orgueil du couvent pour la supérieure et Mam'zelle Nitouche, pour ceux qui la connaissent davantage - Mlle Denise de Flavigny, de son vrai nom, a trouvé, sous un gros livre de cantiques, la partition de l'opérette. Elle en sait tous les rôles et n'a qu'un rêve : celui d'assister, n'importe par quel moyen, à la première de Floridor.

Ce moyen lui est offert, tout naturellement, par l'arrivée de jeune vicomte de Champlâtreux, porteur d'une missive de la famille, réclamant sur-le-champ Mlle de Flavigny : il s'agit d'un mariage. Elle doit prendre le train de huit heures, accompagnée par l'organiste. Elle ne prendra que celui de minuit et promet de rester, bien sage, enfermée dans une chambre d'hôtel, tandis que Floridor assistera à la première.

Denise ne se contentera pas de voir l'opérette de ses rêves : elle la jouera ! Le second acte se passe au foyer du théâtre, à deux pas de la scène où l'on représente l'opérette ; voir la Boule et le Mari de la débutante, déjà nommé. Parmi les officiers qui viennent complimenter les actrices, nous reconnaissons le lieutenant Champlâtreux, qui, lui, ne reconnait point - par la bonne raison qu'il n'a conversé avec elle qu'à travers un paravent (c'est la règle du couvent) - Mlle Denise de Flavigny, échappée de l'hôtel et s'égarant, au foyer des artistes, à la recherche de l'organiste-compositeur. Apprenant que la petite part avec son Floridor le soir même pour Paris, Corinne lâche son rôle, et Denise sauve la recette en débutant à sa place, sous le nom de Mlle Nitouche.

Mais il est minuit ; Floridor emmène son étoile. Il n'ont que temps de reprendre le train ; ils le manquent et tombent, nous ne savons trop comment, au quartier de cavalerie, où les officiers du 7e dragons ne veulent pas laisser partir Nitouche et l'obligent à souper avec eux. Souper interrompu par la venue du terrible major. Toujours pour échapper à sa colère, Floridor s'est laissé prendre pour un vingt-huit jours ; le voilà, tondu, sous la livrée d'un soldat à l'écurie. Denise elle-même a revêtu l'uniforme d'une recrue, et tous deux sont forcés d'enfourcher le poulet d'Inde, afin d'ôter tout soupçon au commandant. C'est sous cet uniforme et sous ce travestissement qu'ils rentrent au couvent : on voit l'effet. On voit aussi le dénouement. Le jeune Champlâtreux, qui ne voulait pas se marier, se marie tout de suite en apprenant que Mlle Nitouche et Mlle Denise de Flavigny ne sont qu'une seule et même personne.