I
Je m'en moque (bis),
Mon gousset est peu garni,
Dieu soit béni !
Ma défroque qui vous choque
Ne m'a jamais occupé.
Un drap plus ou moins râpé
D'un honnête garçon
Peut-il faire un fripon ? non.
Avec un habit neuf de gaîté,
Je suis veuf, d'ennui vraiment je suffoque,
À qui me trouve mal
Je dis d'un ton sentimental :
Je m'en moque (bis)
Pour les habits d'un grand prix
J'ai du mépris, mes amis,
Croyez-moi, je le dis sur l'honneur,
L'indifférence est le bonheur
II
Que sans titres maint bélîtres
Récoltent places, faveurs, rubans, grandeurs
O ma chère boutonnière, mieux que ces gens-là,
Je crois,
Nous mériterions des croix,
Mais en humble français,
Ne mettons crois-moi bien rien !
La rente peut baisser, peut monter,
Peut vexer le bon rentier de l'époque,
Ne trouvant point urgent d'offrir à l'état mon argent...
Je m'en moque (bis)
Leurs infortunes, parbleu,
Ne me touchent peu, mes amis !
III
À mon âge
D'un ménage,
Que de bons enfants je vois porter le poids !
Leurs épouses sont jalouses... ou ne le sont pas du tout
Messieurs, c'est à votre goût
Tout excès est fatal
Et tourne en général, mal !
Sans femme et sans enfants
Moi, je suis triomphant
Dieu des garçons, je t'invoque !
Sous ton manteau je ris
Et du doigt montrant les maris,
Je m'en moque (bis)
Leurs infortunes, parbleu,
Ne me touchent peu, mes amis !
Amédée de Beauplan, vers 1830
(chanté par Mlle Déjazet)