1.7. VERS LES DERNIERS CHEFS-D'ŒUVRE (1876-1880)

 

 

1.7.1. DE VIENNE AUX ETATS-UNIS D'AMERIQUE

 

 

C'est à Vienne qu'Offenbach inaugure l'année 1876, constatant le succès de La Créole, admirant Carmen tout en travaillant avec le directeur de l'Opéra :

 

(...) Nous avons passé hier la moitié de la journée avec la partition que j'ai reçue ce matin. J'ai été forcé de rejouer 3 fois le finale du 2° acte, ou plutôt, c'est lui qui l'a jouée, car il joue du piano en grand artiste. Il était vraiment émerveillé de tout ce qu'il y a de grand et de beau (le mot est de lui) dans ma partition. Il en était tout... paf. Moi-même qui, à longue distance, ai réentendu cette musique, j'en étais enchanté ; ah! qu'il y a de jolies choses et quel orchestre (je l'ai sous les yeux la partition d'orchestre), et je serais vraiment content de l'entendre exécuter ici à l'Opéra par cet orchestre et ces merveilleux chœurs. Il veut monter cet opéra avec grand luxe. "Ah! que Carmen est petit à côté de Robinson", Jauner me disait, "c'est presque une opérette à côté d'un opéra" .

A Paris, un nouveau contrat est signé avec Philippe Gille, Arnold Mortier et Bertrand pour faire représenter Le Docteur Ox aux Variétés, une opérette en 3 actes et plusieurs tableaux à grand spectacle, tirée, avec le consentement écrit de l'auteur, du roman homonyme de M. Jules Verne. En attendant, ce théâtre reprend Les Brigands puis La Vie Parisienne, malgré la désapprobation d'Offenbach de voir utiliser son répertoire comme "bouche-trou". C'est en revanche une toute nouvelle version de La Boulangère a des Ecus qui est reprise le 27 avril : des scènes entières du premier acte ont été retouchées, le finale du 2e acte est complètement remanié et le 3e ne conserve que la scène d'évasion. C'est d'ailleurs de New-York qu'il apprend le succès de cette reprise.

En effet, dès le milieu d'octobre 1875, on avait proposé à l'auteur de La Belle Hélène une tournée de concerts en Amérique pour un cachet de 3 000 000 de Francs. Parti de Paris le 21 avril à destination du Havre, accompagné de ses deux gendres Charles Comte et Eugène Tournal et de ses deux beaux-frères R. et G. Mittchell, mais aussi d'Albert Wolff, Mendel, de son fils Auguste, ses concerts s'étalent du 19 mai au 5 juin, date à laquelle il dirige son dernier spectacle à New-York avant de partir pour Philadelphie. Dans cette ville, sous les acclamations de toutes sortes, ses œuvres sont jouées du 14 au 19 juin. Son dernier concert est donné à New-York le 7 juillet au bénéfice des musiciens. "Le 8 juillet, je m'embarquai à bord du Canada qui, à ma grande satisfaction, se trouvait repartir pour la France au même moment que moi. Plusieurs Américains tinrent à me faire une conduite jusque dans ma cabine. Vous dirais-je, lecteur français, avec quelle joie on foule le plancher du bateau avec lequel on a quitté la France, surtout lorsque ces mêmes planches vont vous rapatrier et vous rendre à tous ceux qui vous sont plus chers que les succès les plus éblouissants et les dollars les plus nombreux? Ah! il aurait fallu me donner une bien grosse somme pour m'arracher à ce bateau!" .

Août se passe à Etretat où est préparée une grande reprise de La Belle Hélène dotée de nouveaux morceaux. Après un séjour à Aix où La Boîte au Lait, une nouvelle pièce destinée aux Bouffes, est terminée, Offenbach rentre à Paris le 7 septembre où la saison hivernale s'annonce particulièrement riche :

18/09 : Lecture de La Boîte au Lait aux Bouffes

28/09 : Représentation extraordinaire au bénéfice de Thérésa aux Variétés

29/09 : 300e représentation de La Princesse de Trébizonde

30/09 : Reprise de La Belle Hélène avec Judic aux Variétés

01/10 : Inauguration des Matinées aux Bouffes : sera passé en revue tout le répertoire en 1 acte d'Offenbach

13/10 : Création de Pierrette et Jacquot, opérette en 1 acte écrite pendant les répétitions de La Boîte au Lait

03/11 : Création de La Boîte au Lait

18/11 : Lecture du Docteur Ox aux Variétés, dirigée par Offenbach avec les décors de Robecchi

01/12 : début des répétitions du Docteur Ox

Après de houleuses répétitions, le succès de la première, le 26 janvier 1877, est surtout dû à Judic : "Je ne peux pas laisser passer la journée sans vous dire combien vous avez été admirable hier au soir. Quelle diction merveilleuse! Quelle adorable façon de chanter! Je suis, comme le public, encore sous le charme. Aussi, pour vous punir de tout le plaisir que vous m'avez fait, et aussi pour vous remercier, je vous prie de laisser mettre en grosses lettres votre nom sur la partition du Docteur Ox. Je vous la dédie. Tant pis pour vous" . Cette œuvre, bien que luxueusement montée, la suivante, La Foire de Saint-Laurent , créée le 10 février, confirme cependant un certain déclin du genre. Il manque la collaboration dynamique de Meilhac et Halévy. Pourtant, en cette année 1877, le compositeur aimerait bien renouer cette triple collaboration. Un projet, La Petite Poucette ne convainc pas les librettistes. Offenbach se met alors à travailler aux Contes d'Hoffmann : un duo du 3e acte est daté de Saint-Germain, 29 mai 1877.

 

Suit une reprise d'Orphée à la Gaîté, avant une nouvelle faillite de ce théâtre le 20 février 1878 ; les recettes n'ont pas donné ce qu'on attendait, ayant juste permis d'acquitter le mois de décembre aux chœurs, musiciens, ballet, employés, soit environ 25 000 F. Mais l'histoire d'Orphée se poursuit avec la 900° représentation, le lundi 5 août, dans ce même théâtre, dirigé cette fois par Weinschenck. 1878 est l'année de deux reprises brillantes : La Grande Duchesse aux Bouffes le 5 octobre, et Les Brigands à la Gaîté le 25 décembre. La première, interdite à Paris depuis la guerre, fait salle comble, totalisant 203 000 F de recettes pour les cinquante premières ; curieusement, une série de concerts militaires est inaugurée aux Tuileries dès le 3 octobre : le 113e de ligne joue une fantaisie sur La Belle Hélène. Est-ce là une pure coïncidence?

Quant aux Brigands, un acte nouveau, des ballets viennent enrichir l'action ; mais, un peu à l'image de La Haine, l'action se noie dans la surcharge de la mise en scène et de la partition. L'œuvre ne reste à l'affiche que jusqu'au 16 janvier 1879. Le 27 décembre, La Grande Duchesse parvient à sa 550e représentation depuis 1867.

 

 

1.7.2. LE LIBRETTISTE OFFENBACH

 

Au début de 1878, Offenbach cherche à concrétiser un vieux rêve : écrire lui-même une pièce, paroles et musique ; il s'agit de Maître Péronilla qui est finalement joué aux Bouffes le 13 mars. L'idée avait germé depuis longtemps avec Meilhac et Halévy sous le titre Frimouskino. Ces librettistes ne voulant plus se charger de ré-écrire cette pièce, Offenbach décide de retravailler la pièce, sollicitant néanmoins les conseils de Nuitter et Paul Ferrier pour les vers chantés. Le succès est bien modeste, ne touchant, le 4 mars, que 1250 F. de droits de publication. Voici une brève analyse de la pièce, mettant en évidence un enchaînement de situations créées tout exprès pour la musique :

Maître Péronilla est un ancien avocat, marchand de chcolat. Il a une fille, Manoela, courtisée par le chanteur Alvarez et par le barbon ridicule Guardona que préfère le père. Le mariage est célébré par devant notaire. Mais, lors de la cérémonie religieuse, Alvarez s'est substitué à Guardona. Manoela est donc bigame et les tribunaux sont saisis de l'affaire. Or, un avocat plaide pour Manoela, montrant aux jurés la fraîcheur d'Alvarez face à la laideur de Guardona ; tout à coup, il laisse tomber sa perruque. C'est le père de l'accusée! Elle épousera celui qu'elle aime, Alvarez, et sa soeur Loena, qui avait pris parti pour le vieux Guardona, est contrainte d'épouser ce dernier.

A cette époque naît le projet d'un opéra-comique avec Meilhac ; encore une fois, il ne verra jamais le jour. Dans cette succession de demi-échecs, Offenbach doit faire face aux attaques de la presse :

Depuis quelques jours, certains organes de la presse se plaisent à rapporter que M. Vizentini aurait succombé sous le poids écrasant des dettes et des charges à lui léguées par moi ; c'est un bruit qu'il importe de faire cesser en ramenant les faits à leur juste valeur.

J'ai cédé à M. Vizentini le théâtre de la Gaîté, le 15 juillet 1875, avec un matériel d'une valeur d'un million, entièrement payé par moi ; la liquidation du passif qui pouvait encore exister à cette époque a été effectué par moi seul et de mes deniers personnels. De sorte que M. Vizentini, en prenant possession de la Gaîté, non seulement n'avait pas un centime à débourser, mais encore ne contractait d'autres charges que celles du bail, telles que je les avaient contractées moi-même, en succédant aux sociétés Boulet et Harmand.

C'est alors que M. Vizentini a cru devoir substituer au genre de la Gaîté, le genre du Théâtre-Lyrique ; et s'il succombe aujourd'hui, c'est sous le poids de cette dernière exploîtation : il le déclare lui-même dans la lettre publiée dernièrement dans vos colonnes. La reprise d' Orphée, à partir du mois de janvier 1878, aurait pu le maintenir et lui permettre de monter Le Chat botté, si les recettes n'avaient été grevées par le passé du Théâtre-Lyrique.

Il ne faut donc pas jeter sur moi une responsabilité morale que je suis loin de mériter. M. Vizentini, plutôt que de tenter la fortune en modifiant son exploîtation, n'avait qu'à continuer ce théâtre fondé par moi au prix de sacrifices personnels énormes , j'ai la persuasion que, sans cette idée malencontreuse, la Gaîté serait aujourd'hui dans une situation des plus prospères et des plus florissantes (...)

C'est vers les Variétés qu'Offenbach se tourne, le 2 avril, en signant, avec Bertrand, Meilhac et Halévy, un contrat autorisant ce théâtre à faire représenter La Vie Parisienne, La Belle Hélène, Les Brigands jusqu'au 31 mai 1879 à condition qu'un minimum de recettes (90 000 F.) soit atteint. A Vienne, où il se rend quelques jours après pour assister à la première de La Périchole, le 27 avril, s'élaborent deux nouvelles pièces : Madame Favart, deuxième des trois opérettes destinées aux Folies-Dramatiques, et La Marocaine, trois actes de Paul Ferrier pour les Bouffes. Campo-Tasso, directeur du Grand Théâtre de Marseille, reçoit les déclarations esthétiques du compositeur :

 

Mon cher Directeur,

 

Madame Favart au Grand Théâtre, sur une scène où d'habitude votre excellente troupe interprète le grand opéra, voilà certes une entreprise hardie! Tout autre que vous eût hésité.

Madame Favart porte, il est vrai, ce titre : opéra-comique ; mais avec Hérold, Auber, Boïeldieu, Halévy, Adam et surtout, depuis ces grands maîtres, l'opéra-comique s'est à ce point développé qu'il a brisé son cadre et tend de plus en plus à se confondre avec un genre aux plus grandes allures. Depuis le vaudeville, qui fut son berceau, l'opéra-comique a fait du chemin , la juste balance entre le poète et le musicien a été faussée; aujourd'hui, la symphonie règne dans l'orchestre et le récitatif absorbe le dialogue.

Madame Favart n'a point ces hautes visées. Mes prétentions se bornent à l'opéra-comique français, tel que l'on connu nos pères ; l'opéra-comique qui fit la gloire des Grétry, des Dalayrac, des Monsigny, des Nicolo, pour ne citer que les plus illustres, et la fortune des théâtres qui l'exploîtaient.

Et nous avons tant et si bien oublié la tradition, qu'un retour au véritable opéra-comique peut sembler à bien des gens une audacieuse innovation, alors que ce n'est, à proprement parler, qu'un essai de restauration.

C'est pourquoi, en dépit du succès qu'obtient chaque jour ma pièce, malgré la faveur publique qui devrait m'encourager, je ne suis pas sans appréhensions.

Le public marseillais est un juge redoutable, car en matière d'art, son goût est sévère et délicat ; je me rassure pourtant en me rappelant que la presse de Marseille s'est toujours montrée fort bienveillante à mon égard, et je me dis aussi que si le Grand Théâtre est un cadre solennel qui pourrait tromper sur les dimensions de l'œuvre, le titre de mon opéra-comique suffit à en déterminer les véritables proportions.

Madame Favart, en effet, est l'incarnation de la chanson française. Un tel sujet ne pouvait inspirer qu'une comédie à ariettes agrandie, développée ; c'est ce que j'ai prétendu faire (...) .

Lors de la création à Paris, le 28 décembre 1878, il faut convenir qu'il s'agit là d'une brillante revanche sur les demi-succès passés ; les recettes des sept premières sont exceptionnelles :

1. : 2805, 75

2. : 3343, 25

3. : 5025, 75

4. : 5207, 40

5. : 5338, 75

6. : 5110, 75

7. : 5522, 75

Son biographe Martinet remarque : "cette allure enjouée, rapide, toutes ces pages piquées de la tarentule du rythme, et aussi cette note gracieuse, cette émotion furtive, voilà de l'Offenbach vrai, irrésistible autant qu'inimitable". La pièce est jouée sans interruption jusqu'au 31 mai 1879.

En revanche, La Marocaine est un four et n'a jamais été rejouée après les représentations du 13 au 24 janvier ; l'échec est dû à la trop grande complexité de l'action. "M. Ferrier a-t-il mal été inspiré pour cette fois ? ".

 

1.7.3. DES REVANCHES ESTHETIQUES

 

En 1879, Offenbach compose, selon la presse, sa centième partition, La Fille du Tambour-Major, tout en continuant ses Contes d'Hoffmann qui auraient déjà dû être représentés à la Gaîté. Le dimanche 18 mai, il fait entendre chez lui des fragments de cet opéra, entouré de Mme Franck Duvernoy (Antonia), Lhéritier (La Muse, Nicklause), MM. Auguez, Aubert, Taskin, des chœurs récités par l'auteur et Vizentini, préparés par G. Masson et chantés par Mlles Offenbach, leurs amies, le tout étant accompagné au piano par Duvernoy. L'effet est énorme : Carvalho accepte de le monter à l'Opéra-Comique, Jauner à Vienne. A partir de ce jour, le compositeur ne vit que pour cette œuvre, travaillant sans relâche jusqu'à sa mort.

Le dernier immense succès est La Fille du Tambour-Major, créée le 14 décembre 1879 aux Folies-Dramatiques. "Quant le rideau tombe sur l'entrée des Français dans Milan, Offenbach a reconquis à jamais la place qu'on lui discutait hier encore ; la victoire est complète, les journaux vont l'enregistrer à l'envi. Partisans ou adversaires de l'opéra-bouffe, tous les critiques s'unissent pour chanter les louanges de Mademoiselle de Mont-Thabor". Les premières esquisses remontaient au début de juin 1879 ; les études théâtrales débutaient le 27 octobre, la distribution était fixée le 30, et les répétitions s'étalaient du 8 au 13 décembre. Pour la centième, le 7 mars 1880, le souper se déroule à l'Hôtel Continental. Quelques jours après, Offenbach part pour Bruxelles (ce sera son dernier voyage) afin d'y diriger, le 2 mai 1880, la 59e de cette pièce habilement montée par le directeur des Galeries Saint-Hubert, M. Carion. Ensuite, la pièce ira aux nues à Vienne (10 avril), Londres (19 avril), New-York (13 septembre), etc.

Rentré à Paris le 6 mai, c'est avec irritation qu'il apprend que les Variétés reprennent La Vie Parisienne, alors que Bertrand n'en avait pas le droit. Mais ses Contes lui paraissant plus intéressant que ces querelles. En juillet, à Saint-Germain, les rôles sont distribués à Talazac, Taskin, Belhomme, Gourdon, Bernard, Grivot, Troy, Davoust, Fontenoy, Mmes Adèle Issac, Vidal. Il lui reste à écrire le 3e acte et l'orchestration de Belle Lurette et à finir le 5e acte des Contes. Cette partition est vendue le 25 août à Choudens pour 50 000 F. dont la moitié est payable le jour de la première.

Le 12 septembre, il revient boulevard des Capucines, la pioche de Haussmann ayant chassé le compositeur de la rue Laffite. On commence à mettre en scène, à l'Opéra-Comique, un premier ensemble, dès le 24 septembre, la première étant prévue pour le 10 décembre. Mais sa santé ralentit ce travail ; il s'évanouit en y travaillant, chez lui, le 3 octobre ; le lendemain, il assiste quand même à la lecture d'une nouvelle pièce pour les Variétés : Le Cabaret des Lilas. Et c'est en tenant la plume qu'il s'éteint le 5 octobre 1880 à 3 heures et demi du matin.

Fait exceptionnel, toute la première page du Figaro du lendemain est entièrement consacré au Maestro. Les obsèques à la Madeleine, le 7, réunissent tous ses admirateurs. Un dernier honneur sera la représentation organisée par Le Figaro aux Variétés, le 18 novembre. Un buste, réalisé par Franceschi, est inauguré avant le concert donné l'après-midi :

 

OFFENBACHIANA, pot pourri, par l'orchestre ;

AIR D'ARISTEE, extr. d'ORPHEE, par Léonce ;

CHANSON DES GRANDS-PARENTS, extr. de LA CREOLE, par Van Ghell ;

DUO DE LA VIE PARISIENNE, par Bouffar et Brasseur ;

A B C, extr. de MADAME L'ARCHIDUC, par Judic, Grivot, Emmanuel, Pescheux, Scipion, Maxnère ;

BRINDISI des BAVARDS, par Ugalde ;

CHANSON et SCENE, extr. de POMME D'API, par Théo et Daubray ;

RONDE DE COLETTE, extr. de BELLE LURETTE, par Jane Hading, Mily Meyer,

Jolly, Vauthier, Cooper, Janin, Lary, et les chœurs de la Renaissance.

DUO FLAMAND, extr. du DOCTEUR OX, par Judic et Dupuis

EVOHE, extr. d'ORPHEE, par Peschard, Angèle, Scalini, Christian, Léonce, Germain, Grivot, et les chœurs ; menuet reglé par Mlle Fonta.

 

La seconde partie est consacrée au Violoneux, joué par Maurel (le père Mathieu), Jeanne Granier (Reinette) et Victor Capoul (Pierre).

 

Offenbach laisse, à sa mort, quatre ouvrages à représenter :

Les Contes d'Hoffmann pour l'Opéra-Comique ;

Belle Lurette pour la Renaissance ;

Le cabaret des Lilas pour les Variétés, mais, à peine ébauché, il est abandonné ;

Moucheron pour Mmes Chaumont et Thierret, toujours repoussé depuis 1868.

L'ultime hommage est rendu lors de la création des Contes d'Hoffmann, le 10 février 1881 ; "C'était Offenbach gai, souriant, spirituel, mais c'était aussi le musicien à l'âme vibrante, toute pleine de passion, de sanglots ; et les plus dédaigneux étaient forcés de reconnaître qu'il y avait autre chose qu'une flatterie dans ce titre de "Maître" dont on le saluait".

 

 

 

 

"S'il faut résumer son œuvre, on peut dire qu'il a découvert un monde nouveau, une île inconnue, la terre du rire musical. La tâche n'était point aisée d'inventer une chanson aussi ensorcelante, tenant le milieu entre l'opéra-comique dont la grâce se fanait et la musique de café-concert dont la vulgarité dépassait la mesure. Il a peuplé ainsi le cerveau de ses contemporains de toute une série de créations qui sont des modèles d'esprit, d'ingénuité malicieuse".

 

 

 

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