Qu'entre fillettes gourmandes,
À la saison des amandes,
Nous faisons gaiement.
On brise une coque, on l'ouvre
Et, par hasard, on découvre
Deux amandes, dans son sein,
On en prend une qu'on donne
À Suzon, Lise ou Simone,
On tient l'autre dans sa main.
Ah ! le jeu charmant,
Qu'entre fillettes gourmandes,
À la saison des amandes,
Nous faisons gaiement.
Le lendemain, la première
Qui montre à sa partenaire
La douce amande, en criant :
"Bonjour Philippine", gagne
Un cadeau, que sa compagne
Doit lui faire, en souriant.
Ah ! le jeu charmant,
Qu'entre fillettes gourmandes,
À la saison des amandes,
Nous ferons gaiement !
* * * * * * *
D'une bouche rose et frivole,
Un gracieux refrain s'envole :
Ronde, ariette ou barcarolle,
Ronde, ariette ou barcarolle.
Gracieux refrain
Vole, vole, vole,
Pour égayer le bambin
Qui prend le chemin de l'école.
D'une petite tête folle,
Un amusant désir s'envole :
Danser quadrille ou farandole,
Danser quadrille ou farandole.
Amusant désir,
Vole, vole, vole,
Il faut prendre du plaisir
Pour obéir
À l'école.
D'une âme pure et bénévole,
Un doux prenser chrétien s'envole :
Donner aux pauvres quelque obole,
Donner aux pauvres quelque obole.
Doux prenser chrétien
Vole, vole, vole,
Il faut faire un peu de bien
Lorsque l'on revient
De l'école.
* * * * * * *
En jouant à Colin-Maillard,
Chantons la légende
D'un rude gaillard
De bravoure grande :
Le chevalier Colin-Maillard.
Jadis, dans le pays de Liège,
Vivait un guerrier très fameux,
Sachant déjouer chaque piège
Et combattre en fier et vrai preux.
En jouant à Colin-Maillard,
Chantons la légende
D'un rude gaillard
De bravoure grande :
Le chevalier Colin-Maillard.
A Colin, le nom de son père,
Il adjoigni un sobriquet :
Maillard devint son nom de guerre,
Car son arme était un maillet.
En jouant à Colin-Maillard,
Chantons la légende
D'un rude gaillard
De bravoure grande :
Le chevalier Colin-Maillard.
Robert le Pieux, roi de France,
Certain jour, l'arma chevalier ;
C'était la juste récompense
Des nobles faits de ce guerrier;
En jouant à Colin-Maillard,
Chantons la légende
D'un rude gaillard
De bravoure grande :
Le chevalier Colin-Maillard.
Dans une terrible bataille,
Contre le comte de Louvain,
Il reçut mainte et mainte entaille,
Sans perdre un pouce de terrain.
En jouant à Colin-Maillard,
Chantons la légende
D'un rude gaillard
De bravoure grande :
Le chevalier Colin-Maillard.
Dans cette lutte opiniâtre,
Colin-Maillard, ce preux des preux,
Ne cessa jamais de se battre,
Quand même on eût crevé ses yeux;
En jouant à Colin-Maillard,
Chantons la légende
D'un rude gaillard
De bravoure grande :
Le chevalier Colin-Maillard.
* * * * * * *
Sur une aile d'un vieux moulin,
Vient se poser une alouette.
Quand le vieux moulin tournera,
L'alouette s'envolera.
Où fuiras-tu, belle alouette,
Belle alouette du matin ?
- J'irai vers un autre destin.
Sur une voile d'un vaisseau,
Vient se poser une hirondelle.
Quand le vaiseau naviguera,
L'hirondelle s'envolera.
Où fuiras-tu, belle hirondelle,
Belle hirondelle du hameau ?
- J'irai vers un destin nouveau.
Sur une aile d'un avion,
Vient se poser une fauvette.
Quand l'avion s'envolera,
La fauvette l'imitera.
Où fuiras-tu, belle fauvette ,
Belle fauvette du buisson ?
- J'irai vers un autre horizon.
Sur l'aile d'un refrain berceur,
Se pose une âme de fillette.
Quand le refrain s'envolera,
La petite âme le suivra.
Où fuiras ton âme, fillette,
Belle fillette au tendre cur ?
Elle fuira vers le bonheur.
* * * * * * *
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
En cueillant les fines clochettes
Des frais lilas et des muguets,
Chantons le printemps et ses fêtes,
Dont les beaux jours sont beaux, mais gais.
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
En mangeant fraises et cerises,
Rendons grâce aux cieux souverains
D'avoir mis leurs rougeurs exquises
Aux joues et lèvres des bambins.
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
En cueillant des fleurs parfumées :
Roses, lys, illets et jasmins,
Rêvons que leurs senteurs aimées
Embaumeront tous nos chemins.
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
En mangeant pêches, poires, pommes,
Abricots, melons et raisins,
Faisons le vu que tous les hommes
En aient beaucoup aux ans prochains.
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
En cueillant l'humble violette,
Qui vit aux coins sombres des bois.
Songeons que, dans l'ombre discrète,
La veleur se cache parfois.
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
En goûtant au miel des abeilles,
Remercions les dieux cléments
D'avoir mis des douceurs pareilles
Aux curs sensibles des mamans.
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits,
Célébrons, gaiment, les divins produits
De la terre,
Notre mère
Nourricière,
En cueillant des fleurs et en mangeant des fruits.
* * * * * * *
Les soldats de bois
Dans le royaume des poupées,
Au cours des folles équipées
Nous faisons respecter les lois,
Nous sommes les soldats de bois.
Les poupées
Dormez, dormez, petits soldats,
Surtout, ne vous éveillez pas,
Nous vivons en bonne harmonie,
L'heure des fugues est finie
Dormez, dormez, petits soldats.
Les soldats de bois
Dans le royaume des poupées,
Durant les folles épopées,
Nous luttons pour sauver nos droits,
Nous sommes les soldats de bois.
Les poupées
Dormez, dormez, petits soldats,
Surtout, ne vous éveillez pas,
Nous vivons en bonne harmonie,
L'heure des haines est finie
Dormez, dormez, petits soldats.
Les soldats de bois
Dans le royaume des poupées,
Quand les terreurs sont dissipées,
Nous nous promenons par les bois,
Nous sommes les soldats de bois.
Les poupées
Dormez, dormez, petits soldats,
Surtout, ne vous éveillez pas,
Beaucoup plus sages que naguère,
Nous voulons abolir la guerre,
Dormez, dormez, petits soldats.
* * * * * * *
Quand, au dehors, il fait grand froid,
Quand, autour de la cheminée,
Illuminée,
Le cercle se fait plus étroit,
Réunissant dans la maisonnée,
Après la tâche terminée :
Auprès d'un bon feu vif et doux,
Réchauffons-nous !
Quand revient la belle saison,
Quand, de nouveau, sous la feuillée,
Ensoleillée,
Reparaissent fleurs et gazon,
Quand la campagne réveillée
Met sa robe de mariée :
Au beau soleil riant et doux,
Réchauffons-nous !
Quand le cur s'emplit de chagrin,
Quand, par un souci, la pensée
Est traversée,
Un grand froid envahit, étreint,
L'âme, par la douleur blessée,
La raison demeure angoissée :
Près d'un cur maternel et doux,
Réchauffons-nous !
* * * * * * *
"Où t'en vas-tu donc, seulette,
Colette,
Avec ton panier
D'osier ? "
- À l'école du village,
Je vais apprendre à chanter,
À lire, écrire et compter.
J'emporte, pour tout bagage
Les livres dont fait usage
Chaque écolière bien sage,
Dans mon beau panier
D'osier.
"Où t'en vas-tu donc, seulette,
Colette,
Avec ton panier
D'osier ? "
- À la ferme du village,
Je vais soigner les troupeaux,
Au travail, comme au repos,
J'emporte pour tout bagage
Le goûter dont fait usage
Chaque bergère bien sage,
Dans mon beau panier
D'osier.
"Où t'en vas-tu donc, seulette,
Colette,
Avec ton panier
D'osier ? "
- À la fête du village,
Je vais apprendre à danser,
À rire, à me balancer.
J'emporte, pour tout bagage
Le bouquet dont fait usage
Chaque danseuse bien sage,
Dans mon beau panier
D'osier.
"Où t'en vas-tu donc, seulette,
Colette,
Avec ton panier
D'osier ? "
- À l'église du village,
Je vais apprendre à prier,
Pour ceux qui sont sans foyer.
J'emporte, pour tout bagage
Les saints chants dont fait usage
Chaque chanteuse bien sage,
Dans mon beau panier
D'osier.
* * * * * * *
Les jolis petits ânes blancs,
Alertes, vifs, coquets, fringuants,
Trottent dans les quartiers du Caire.
Ils s'arrêtent, parfois, pour braire
Et dire bonjour aux passants,
En dressant leurs longues oreilles,
À de blanches ailes pareilles.
Les jolis petits ânes blancs
Trottent, trottinent tout le temps.
Les jolis petits ânes gris,
Sur le pavé gras de Paris,
Trottent, trottinent en cadence.
Ils peinent toujours en silence,
Solides, râblés et bien pris,
Ils font leurs quotidiennes tâches,
Sans défaillance et sans relâche
Les jolis petits ânes gris,
Trottent, sans bruit, parmi les cris.
Les jolis petits ânes noirs,
Les matins, les midis, les soirs,
En groupe, vont dans lacampagne
Ils ont la gaieté pour compagne,
Et, sur leur croupe, on voit s'asseoir,
À Robinson, de joyeux drilles,
À Montmorency, des familles,
Les jolis petits ânes noirs,
Trottinent du matin au soir.
Les jolis ânes gris, noirs, blancs,
Donnent, aux petits, comme aux grands,
De beaux exemples d'énergie.
Ils font, pendant toute leur vie,
Des labeurs durs et fatigants,
Et n'en tirent, pour récompense,
Souvent, qu'une maigre pitance.
Comme les ânes gris, noirs, blancs,
Ne soyons jamais nonchalants !
* * * * * * *
Moulins à eau, moulins à vent,
Moulins à roue, moulins à ailes,
Tournez encor, tournez souvent,
Chantez toujours, chantez gaiement,
Pour les curs, au passé, fidèles,
Moulinds à roue, moulins à ailes,
Moulins à eau, moulins à vent.
Que votre chanson est fleurie,
Moulins à eau de la prairie !
C'est la bonne chanson du grain
Que vous tranformez en farine
Bien blanche, bien douce et bien fine,
Pour qu'elle devienne demain
Du bon pain !
Moulins à eau, moulins à vent,
Moulins à roue, moulins à ailes,
Tournez encor, tournez souvent,
Chantez toujours, chantez gaiement,
Pour les curs, au passé, fidèles,
Moulinds à roue, moulins à ailes,
Moulins à eau, moulins à vent.
Que votre chanson est sereine,
Vieux moulins à vent de la plaine !
C'est aussi la chanson du grain
Que vous tranformez en farine,
Pour que tous, ils aient bonne mine,
Les petits enfants de demain,
Grâce au pain !
Moulins à eau, moulins à vent,
Moulins à roue, moulins à ailes,
Tournez encor, tournez souvent,
Chantez toujours, chantez gaiement,
Pour les curs, au passé, fidèles,
Moulinds à roue, moulins à ailes,
Moulins à eau, moulins à vent.
* * * * * * *
Nous sommes de gais lurons,
Nous glissons, filons, virons,
Au milieu de la rivière,
En plongeant nos avirons
Dans son eau tranquille et claire
Un, deux,
Un, deux,
Vivent les fiers canotiers
Qui rament des jours entiers !
Aidés par les aquilons,
Nous virons, glissons, filons,
Sans poussière et sans secousse,
Les jours ne semblent pas longs,
Sur l'eau transparente et douce.
Un, deux,
Un, deux,
Vivent les fiers canotiers
Qui rament des jours entiers !
Nous sommes de bons garçons,
Nous filons, virons, glissons,
Sur l'onde silencieuse.
Tout en chantant des chansons
D'une voix forte et rieuse,
Un, deux,
Un, deux,
Vivent les fiers canotiers
Qui chantent des jours entiers !
Nous ne sommes pas poltrons,
Nous glissons, filons, virons,
Sans crainte, sur l'eau profonde.
Jamais nous ne chavirons
Même quand l'orage gronde.
Un, deux,
Un, deux,
Vivent les fiers canotiers
Qui rament des jours entiers !
Compagnons, chantons, clamons,
Les refrains que nous aimons,
En ramant sur la rivière,
Nous remplirons nos poumons
D'un air pur et salutaire.
Un, deux,
Un, deux,
Vivent les fiers canotiers
Qui chantent des jours entiers !
fin